Après des mois de critiques, Apple durcit enfin ses règles. Le 16 octobre, l'App Store a explicitement inscrit l'interdiction des images intimes non consenties — y compris générées par IA — dans son règlement, et s'attaque à un tour de passe-passe bien connu : les applis qui ajoutent leur fonction « nudify » après avoir été validées.
Ce qui change concrètement
- Règle 1.2 : les apps doivent désormais « prévenir et supprimer proactivement » les images intimes non consenties faites par IA. Sans garde-fous, c'est le retrait.
- Nouvelle règle 2.5.19 : interdiction des fonctions cachées, dormantes ou non documentées — cible directe du « bait-and-switch ». Sanction : retrait de l'appli et résiliation du compte développeur.
- Section 5 : les apps liées à l'exploitation d'enfants sont bannies de toute distribution, y compris le sideloading en Europe.
- À l'appui, Apple cite +150 000 applis bloquées et +193 000 comptes de développeurs résiliés « l'an dernier ».
« Générer des images intimes non consenties est illégal, nuisible et totalement inacceptable. » — David Chiu, City Attorney de San Francisco, 17 juillet 2026
Pourquoi maintenant
Le déclencheur a un nom : Grok. En janvier 2026, l'IA d'Elon Musk a inondé X d'images sexualisées non consenties, y compris de mineurs. Une ONG a compté ~3 millions de visuels en 11 jours, dont plus de 23 000 représentant des enfants. Des sénateurs américains ont exigé le retrait de X et Grok ; Apple a menacé xAI… sans jamais retirer les apps. En juillet, le procureur de San Francisco a mis en demeure Apple et Google pour 13 applis nudify : Apple en a retiré 3, Google 5. Et l'Europe a voté le 16 juin l'interdiction des systèmes « nudifier », avec une mise en conformité exigée avant le 2 décembre 2026.
Reste la question qui fâche : ces plateformes ont longtemps hébergé et monétisé le problème. « Apple et Google font beaucoup de promesses… et la réalité est tout autre », résume le Tech Transparency Project.