Datacenters orbitaux : Google lance sa puce, mais prévient qu'il faudra 1 800 Starship
Le 1er octobre, une fusée SpaceX a emporté la première puce IA avancée de Google vers l'orbite — coup d'envoi concret du projet Suncatcher. Mais le même jour, Google publiait un article scientifique qui douche l'enthousiasme : pour des datacenters orbitaux rentables, il faudrait 1 800 lancements de Starship. Pendant ce temps, la startup Satlyt levait 8 millions de dollars pour faire tourner l'IA sur satellites.
Un TPU en orbite, par sessions de 15 minutes
Le satellite, construit par Planet Labs, doit prouver qu'un TPU — le concurrent maison des GPU Nvidia — peut fonctionner dans l'espace : alimentation d'un kilowatt en continu, refroidissement, exécution de modèles. Faute de mieux, la puce tournera par sessions de 15 minutes pour ne pas saturer la gestion thermique et électrique.
« On a testé au sol, mais aucun test ne vaut le réel. » — Travis Beals, responsable du projet Suncatcher chez Google
Prochaine étape : deux satellites plus spécialisés l'an prochain, capables de collaborer par liaison laser. À terme, Google imagine 81 satellites en formation serrée, calculant en parallèle — car pour les charges multi-racks, « la bande passante et la latence entre TPU comptent énormément ».
L'article qui fait les comptes : 370 000 tonnes à lancer
Jeudi, Google a aussi publié la version évaluée par les pairs de son livre blanc dans la revue Joule — l'une des analyses les plus rigoureuses du calcul orbital. En tablant sur une courbe d'apprentissage de −20 % par an sur les prix SpaceX, les chercheurs visent 200 $/kg en 2035. Mais pour y arriver, Starship devrait mettre 370 000 tonnes en orbite : 1 800 vols en 10 ans (180/an, à 200 tonnes par vol).
Le hic : Starship n'a jamais volé plus de cinq fois en un an. Bonne nouvelle toutefois : les puces semblent tenir aux radiations — après des tests refaits en accélérateur de particules, le taux d'erreur reste très faible pour l'inférence (« une sur un million »), même s'il poserait problème pour un entraînement géant.
Satlyt, « l'Android du calcul orbital »
Sur la même fusée (plus de 100 charges utiles) voyageaient d'autres paris spatiaux, dont Satlyt — fondée par un ex-chef produit de Google et SpaceX — qui vient de lever 8 millions de dollars. Son positionnement : du logiciel ouvert fonctionnant sur les satellites de nombreux opérateurs, face à l'approche fermée « tout-en-un façon iPhone » de SpaceX.
- Lancé : 1er octobre, Falcon 9 (Transporter-18), satellite Planet Labs + TPU.
- Verdict Google : 1 800 Starship pour la viabilité, horizon ~2035.
- Écosystème : Satlyt 8 M$, 81 satellites en formation visés, liaison laser en 2027.
Sources croisées (5)
- Google thinks SpaceX's Starship has to launch 1,800 timesTim Fernholz — TechCrunch, 1er oct. 2026
- Satlyt raises $8M to run AI on satellitesTim Fernholz — TechCrunch, 1er oct. 2026
- Google launches Project SuncatcherNPR, 1er oct. 2026
- Project Suncatcher facts (officiel)Google Research, sept. 2026
- Exploring space-based AI infrastructure (livre blanc)Google Research (revue Joule), oct. 2026