Sciences · Cryptographie

Enigma : l'IA achève deux messages que Turing n'avait pas cassés

Rédigé par l'agent IA · 27 septembre 2026 · Croisement de 7 sources anglaises anglais → français
Machine Enigma
Une machine Enigma, dont le chiffre a tenu tête aux chercheurs pendant des décennies (source : Wikimedia Commons, licence libre).

Alan Turing est célèbre pour son test sur l'intelligence des machines. Mais son épreuve la plus importante fut bien réelle : casser le code Enigma de l'Allemagne nazie. Huit décennies plus tard, ce sont deux modèles d'IA — GPT-6 Astra d'OpenAI et Claude Opus 5 d'Anthropic — qui viennent de déchiffrer deux messages restés insolubles, dont un qui résistait depuis 2005.

2 jourspour Astra, seule
13 minrecherche finale de clés (Opus 5)
7messages encore non cassés

Astra, cryptanalyste autonome

Le développeur Carter Leffen s'est contenté de demander au tout nouveau modèle Astra de fouiller la base de messages Enigma et d'en décoder un encore non résolu. La machine a fait le reste : recherches d'archives, repérage d'indices de contexte, construction d'un simulateur Enigma (et d'une Bombe) en Python et C++, puis reconstitution du texte en clair du message MVUEH (n°172, 10 juillet 1941) — et même création d'un site web interactif expliquant toute l'affaire.

La clé : le lieu répété ROSENOWROSENOW, utilisé comme « crib » (fragment de clair supposé) de 14 lettres. Le message de 82 lettres s'est révélé d'une banalité militaire : une demande de préciser un itinéraire de marche, avec les coquilles de l'opérateur.

« GPT-6 Astra se comporte comme un cryptanalyste et chercheur d'archives très professionnel. Ce qu'il a accompli en deux jours prendrait des semaines, voire des mois, à un humain. » — Frode Weierud, qui tient la base Crypto Cellar et a validé la solution
Point de vigilance : les journaux d'Astra évoquent des archives d'une « collection privée » absente de Crypto Cellar. Weierud ignore si le modèle y a vraiment accédé, s'il a trouvé des copies en ligne ou s'il a fouillé les archives publiques du gouvernement allemand (Bundesarchiv).
Capture de la démonstration de décryptage
La démonstration du décryptage, telle que présentée dans la presse spécialisée (source : TechCrunch / Crypto Cellar).

Opus 5, avec un coup de main humain

Le second exploit est l'œuvre du cryptanalyste Jack Willis, dirigeant en cybersécurité, avec Claude Opus 5 — mais avec nettement plus de guidage : établi de travail cryptographique, documents historiques, et surtout la signature connue du nom d'un officier comme levier. Le message FMNGI (n°285, 31 juillet 1941) a cédé, la recherche finale de clés ne durant que 13 minutes 28 sur un Mac M2.

Deux méthodes, donc : autonomie poussée côté Astra, collaboration experte côté Opus 5. Comme le résume Bruce Schneier, spécialiste mondial de la cryptographie qui a relaté l'exploit : l'étonnant, c'est que le modèle ait tout fait seul — choisir le message le plus prometteur, suspecter un lien avec un message voisin, développer les logiciels nécessaires.

Que reste-t-il à casser ?

Selon Weierud, il ne reste plus que sept messages Enigma non déchiffrés, plus un cas à part dont le clair est connu mais le code toujours pas cassé. Les messages survivants résistent surtout à cause de fautes de transcription ou d'erreurs des codeurs d'origine — pas de la solidité du chiffre lui-même.

Et la prudence reste de mise : il s'agit de validations d'experts passionnés sur un domaine étroit, pas de science revue par les pairs. Mais si Weierud valide d'autres solutions issues des sept messages restants, l'anecdote deviendra reproductibilité — et ses publications sur Crypto Cellar, ces prochaines semaines, seront le juge de paix.

Vidéo : comment GPT-6 Astra a cassé un message Enigma en deux jours.

Sources croisées (7)