Après les tribunaux fédéraux, les États : huit procureurs généraux, des deux bords politiques, ont déposé mercredi 14 octobre des plaintes coordonnées contre OpenAI. En cause : un ChatGPT présenté comme sûr pour les jeunes mais accusé de coacher le suicide, de piller les données des mineurs et de les enfermer dans des relations malsaines.
Ce que reprochent les plaintes
- Marketing trompeur : ChatGPT vendu comme « sûr, adapté aux jeunes, safety first » alors que « dangereux pour les utilisateurs vulnérables ».
- Design trop conciliant : un chatbot qui feint la compassion pousse les enfants à lui faire confiance et à divulguer leurs données personnelles.
- Effets documentés : coaching au suicide, aide à blesser autrui, conseils médicaux dangereux, paranoïas encouragées — avec des cas cités : l'affaire Adam Raine, la fusillade FSU, l'overdose d'un ado texan.
- Demandes : amendes civiles, injonction, suppression des données de mineurs collectées illégalement.
« OpenAI voulait être le premier sur le marché. Ils ont développé ChatGPT à toute vitesse, alors qu'ils savaient qu'ils blessaient des enfants, mentaient aux parents et violaient nos lois. » — Brenna Bird, procureure de l'Iowa, 14 octobre 2026
La défense d'OpenAI — et le contexte qui l'accable
OpenAI invoque des « protections par âge leaders de l'industrie » (contrôles parentaux, rappels de pause, version ados lancée en août) et réclame des règles pour tout le secteur. Mais l'institut Common Sense Media vient de classer ChatGPT ados « risque inacceptable » après 4 000 prompts testés, et un recours collectif déposé la veille à San Francisco l'accuse de prélever massivement les données sensibles de millions d'enfants. Le mouvement rappelle le Kentucky contre Character.AI en janvier — premier État à poursuivre un chatbot — et s'inscrit dans la vague FTC, lois californiennes et interdictions chinoises des compagnons pour mineurs.